Le Sahaj Marg et ses composantes essentielles
Doctrine ou enseignement d'origine hindouïste, fondée par Shri Ram Chandra Lalaji à la fin du XIXè Siècle, traduite selon les cas par natural path, natural way ou voie naturelle.
C'est une méthode de méditation dite simplifiée, parfaitement adaptée à la vie de l'Homme moderne, sur le plan professionnel comme sur le plan familial.
Son objectif est d'atteindre le but ultime de l'existence, la fusion de l'individu et du divin (layavastha).
- Une pratique (sadhana) : Duement codifiée, la pratique du Sahaj Marg comporte trois rites quotidiens, plusieurs séances hebdomadaires, sans parler des obligations à caractère permanent...
- Des individus (abhyasis) : Les adeptes du Sahaj Marg sont des aspirants spirituels ou abhyasis. Ils sont guidés dans leur quête du but ultime par le Guru, ou à défaut par les précepteurs qu'il a formés pour le relayer dans sa tache...
- Des lieux de rencontre : Les sittings hebdomadaires se déroulent dans des ashrams ou des centres. Pour attirer de nouvelles recrues, les adeptes sont vivement encouragés à réaliser des portes ouvertes où sont conviées les relations...
- Les mécanismes de l'emprise : Le Sahaj Marg repose sur des mécanismes très répandus dans l'univers des sectes, l'hypnose et le vide mental intérieur…
La pratique (sadhana)
La pratique du Sahaj Marg, ou sadhana, est une pratique de méditation centrée sur le cœur, dont le cadre principal repose sur une pratique quotidienne (abhyas), des sittings hebdomadaires et quelques obligations permanentes.
- Les abhyas quotidiens :
Méditation, cleaning et prière sont les trois abhyas quotidiens qu'il faut absolument pratiquer de manière assidue si l'on veut faire des progrès rapides, donc tendre vers le but ultime mais surtout faire plaisir au Maître.
La méditation : elle doit être réalisée pendant une heure, avant le lever du soleil et après s'être lavé. C'est un moment de passivité totale où il faut s'abandonner au divin. C'est-à-dire intérioriser l'adoration au Maître par une totale dévotion.
Le cleaning : C'est une méthode active de nettoyage des impuretés accumulées durant la journée. Elle a donc lieu le soir avant diner pendant une demi-heure. Les impuretés, ou samskaras, doivent s'échapper de l'arrière comme de la fumée...
La prière : Ce sont quelques mots pour formuler sa complète dépendance au Maître divin. Elle doit être répétée deux à trois fois, avant le coucher, pendant une dizaine de minutes, avec dévotion et dans une attitude suppliante.
- Les séances hebdomadaires :
Aux abhyas quotidiens individuels s'ajoutent des séances collectives. Ces sittings ou satsangh sont des séances de méditation collective. Elles ont lieu deux fois par semaine, le mercredi soir et le dimanche matin en général, dans les différents centres de la SRCM. Il est vivement suggéré aux abhyasis d'en suivre au minimum une par semaine.
Un sitting de méditation individuelle avec un précepteur est aussi recommandé au moins deux fois par mois.
- Obligations permanentes
Outre ses abhyas quotidiens et les sittings de groupe, il est conseillé pour progresser rapidement de lire et relire les dix maximes du Sahaj Marg, de tenir un journal quotidien, ainsi que de pratiquer la renonciation, le non attachement et de développer le souvenir constant du Maître (constant remembrance).
Enfin, il est naturellement suggéré de rencontrer le Maître le plus souvent possible.
- Pour démarrer...
Avant toutes choses, le nouvel abhyasi doit suivre un minimum de trois sittings d'introduction avec un précepteur, pour effectuer son nettoyage ou cleaning initial, sur une période de deux à trois jours consécutifs, à raison d'une demi-heure à chaque fois. Ce n'est qu'ensuite qu'il pourra commencer ses abhyas quotidiens...
"Le moyen le plus facile et le plus sûr d'atteindre le but est de s'abandonner au Grand Maître et de devenir soi-même un mort-vivant (...). L'abandon de soi n'est rien d'autre qu'un état de complète résignation à la volonté du Maître, avec un complet désintérêt de soi. Demeurer en permanence en cet état mène au commencement de l'état de négation (...). En cet état un homme ne pense et ne fait que ce que la volonté de son Maître lui ordonne (...). Sa volonté sera complètement subordonnée à la volonté du Maître." (Babuji - Rôle de l'abhyasi dans le Sahaj Marg)
Guru, précepteurs et abhyasis
Les trois piliers du Sahaj Marg sont le Maître, ses précepteurs et les aspirants spirituels.
- Le Maître (guru, master)
Le rôle du Maître est de guider l'aspirant spirituel vers le but ultime. Il concentre l'énergie divine et la déverse dans le coeur de l'abhyasi. Ce qui permet à ce dernier de progresser plus vite...
Dans le discours de la Shri Ram Chandra Mission, la distinction entre le Maître suprême ou divin et le Maître vivant n'est pas claire. Il semble que la confusion soit soigneusement entretenue. Mais c'est bel et bien le Maître vivant qui doit être l'objet de toutes les pensées.
En complément, vous pouvez voir aussi les trois Maîtres...
- Les précepteurs (prefect)
Le précepteur est un abhyasi préparé et autorisé par le Maître à réaliser des séances de cleaning et de méditation collectives. Il sert de canal au Maître qui travaille à travers lui.
En général, un bon abhyasi devient précepteur en 3 à 4 ans. Apparemment il est recruté en fonction de ses facultés de dévouement et d'obéissance, plutôt que sur ses aptitudes spirituelles. Il sert de relais au Maître auprès de 10 à 15 abhyasis et passe plus de 10 heures par semaine à cette tâche.
Voir aussi la galère des précepteurs, ou comment la vie devient un enfer...
- Les aspirants spirituels (abhyasis)
Les adeptes de la Shri Ram Chandra Mission sont des aspirants spirituels ou abhyasis. Ils doivent pratiquer assiduement leurs abhyas quotidiens, soit environ 2 heures par jour.
D'après un psychiatre membre de la SRCM, Ferdinand Wulliemier, trois quarts des abhyasis sont des femmes, principalement dans la crise du milieu de vie (35 à 50 ans). Les professions sur-représentées sont celles des soignants, enseignants et artistes. Près du tiers des abhyasis ont une personnalité peu structurée ou borderline et un quart ont déjà suivi une psychothérapie.
En complément, on peut voir aussi de rares mais précieux témoignages...
Les lieux de rencontre
Les lieux de la pratique du Sahaj Marg sont les ashrams et les centres de la Shri Ram Chandra Mission. Les lieux de diffusion du Sahaj Marg auprès des personnes intéressées sont les "Open House", une forme de prosélytisme très cadrée et bien rodée...
- Les ashrams
Qu'est-ce qu'un ashram ? Un monastère hindou où des disciples rencontrent leur gourou, d'après le dictionnaire.
A la Shri Ram Chandra Mission, l'ashram est une salle de méditation collective, dont l'importance se mesure au nombre d'abhyasis qu'elle peut contenir.
La plupart des ashrams sont en Inde, mais ils correspondent peu aux critères occidentaux. En dehors, il y en a trois aux Etats-Unis et autant en France, deux au Danemark, un au Royaume-Uni, en Suisse et en Afrique du Sud. Un autre est annoncé en Australie, mais seul le terrain est acquis et il reste à construire.
Certains ashrams bénéficient du qualificatif d'internationaux. Ils accueillent les abhyasis du monde entier pour des séminaires internationaux. En Inde, c'est le Babuji Memorial Ashram et depuis peu le Satkhol Hymalayan Ashram. Ailleurs, c'est Augerans (France), Molena (USA), Vrads Sande (Danemark) et Lenasia (Afrique du Sud).
- Les centres
Les centres sont les lieux de sittings hebdomadaires, les mercredis et dimanches. Certains peuvent être des salles de moyenne importance, mais la plupart sont au domicile des précepteurs.
En 1997, Chari annonçait ainsi plus de 700 centres à travers le monde. Aujourd'hui la Shri Ram Chandra Mission diffuse une liste de ses centres sur son site web. Mais, entre propagande et réalité, les chiffres sont à prendre avec précaution.
Pour exemple, la Suisse affiche 24 centres sur le site web à la fin 2001, alors qu'en réalité il n'y en avait que 12 au début de la même année.
- "Open House"
Réaliser des "open house" ou portes ouvertes est fortement recommandé par la Mission.
Il s'agit d'inviter des amis, connaissances ou personnes vaguement intéressées par le Sahaj Marg dans les centres de la Mission pour faire du prosélytisme.
Mais attention ! les consignes sont très strictes. Les sittings sont formellement interdits tant que des non abhyasis sont présents. N'ont droit de répondre aux questions que les précepteurs responsables de zone...
Mécanismes de l'emprise
"Ne pensez à rien, le gourou s'en chargera pour vous"
A la base il y a un piège. Et quelle que soit la secte, le mécanisme de ce piège est toujours le même. Seul l'habillage change. La technique à l'origine du mécanisme est une forme d'hypnose ; la clé de la réussite c'est le vide intérieur ou l'absence de pensée. A ce piège, tout le monde peut succomber. L'homme moderne, stressé par la vie quotidienne, constitue la proie idéale. Il lui suffit d'avoir été un peu déstabilisé par un événement quelconque pour sombrer.
Jean-Pierre Petit a écrit un article éclairant à ce propos dans le journal La Croix (26/08/95). Voulant récupérer l'un de ses amis tombé dans le piège de la "Ram Shandrah", il est entré dans la secte, a observé leurs pratiques et cherché à en décrypter les mécanismes :
«Faites une expérience, à plusieurs. Un sujet s'isole sensoriellement (yeux fermés, pièce silencieuse). "L'hypnotiseur" martèle alors un ordre quelconque, avec une voix insistante et convaincante. Si le sujet conserve sa propre pensée, ça ne marche pas. Mais s'il fait l'effort de se "vider la tête", la suggestion hypnotique se manifeste et l'ordre est exécuté, à sa plus grande surprise. (…) La clé de toute secte est la non-pensée : ne pensez à rien, le gourou s'en chargera pour vous.»
En pratique, à la SRCM, hypnose et non-pensée se traduisent par méditation et obéissance au Maître. «[Jean-Pierre Petit] n'exclus pas, a priori, que cet exercice de non-pensée puisse ouvrir le mental humain à quelque réalité transcendante, à des dimensions dont j'ignore la nature. C'est le thème central du bouddhisme, de l'hindouisme et du yoga. La non-pensée éveille "quelque chose" chez l'individu, mais elle le rend aussi extrêmement vulnérable et c'est alors que les choses se gâtent.»
«(…) Une des techniques de la secte Ram Shandrah consistait, par exemple, à demander à l'adepte de "méditer", tête vide, devant une photo en pied du gourou. Alors commence l'imprégnation mentale, inconsciente, la mainmise insidieuse, étonnamment rapide.»
Le vide intérieur fragilise l'individu et le rend vulnérable. D'ailleurs Babuji ne dit rien d'autre (cité par Chari, dans "Mon Maître", p 68) : « En spiritualité l'obéissance est de la plus haute importance. Quand une personne s'abandonne à un Maître, cela signifie qu'elle le fait totalement sur tous les plans. Elle est devenue simplement un instrument dans les mains du Maître (…). Si tu obéis à un vrai guru c'est bien et cela te mènera à ton but. Mais si tu prends pour guide une mauvaise personne, alors l'obéissance ne t'aidera en rien (…).»
«Je te dis qu'il est préférable de n'avoir pas de guru du tout plutôt que d'en avoir un mauvais. Sans un vrai Maître, il se peut que tu ne progresse pas, mais cela vaut mieux que de régresser avec un mauvais guru.»
On ne peut que souscrire à ces deux dernières phrases, frappées au coin du bon sens. Dommage que les abhyasis ne souscrivent pas à ce sage principe de précaution…
Chari précise : aucune aptitude, compétence ou connaissance ne sont nécessaires. En fait, ce que veut le gourou, c'est une obéissance aveugle et immédiate ("Mon Maître" pp 95-97) : « Lorsqu'un ordre est donné par le Maître, l'activité nécessaire l'exécute immédiatement, presque au niveau d'une action-réflexe. Ceci, il me semble, est ce qui distingue le véritable adepte de la personne simplement compétente et qui n'a pas développé cette capacité d'obéissance parfaite, spontanée et instantanée (…). Pour fouler un tel chemin, aucune aptitude ni compétence ne sont nécessaires, peut-être même qu'aucune connaissance n'est nécessaire.»
«Tout ce qui est maintenant nécessaire c'est une obéissance aveugle aux instructions du Maître. Ceci seul, garantira l'heureux aboutissement de la quête spirituelle, rapidement et sans danger.»
Un peu plus loin, Chari rajoute (pp 97-98) : « Un niveau a été maintenant atteint, où même la connaissance n'est plus nécessaire (…). Cela ne veut pas dire que nous abandonnons la connaissance comme quelque chose d'indigne ou incapable de nous aider. Elle a joué son rôle qui est maintenant révolu et le temps est venu pour elle de quitter la scène. C'est tout ! »
« Tout ce dont nous avons besoin maintenant, c'est de volonté ; la volonté d'agir et d'obéir au Maître dans le moindre détail de son instruction.»
« Pour ceux qui ont eu assez de chance pour parvenir à cet état élevé, le Maître n'est plus un guide pour la spiritualité seule. Il est maintenant devenu le Maître de notre vie dans tous les aspects de l'existence. Il devient le père, la mère, le fils, le professeur, le docteur, en fait il n'y a pas de rôle qu'Il ne joue pas dans la vie de l'abhyasi. Il a pris l'abhyasi totalement en charge. Ainsi, nous voyons que seulement notre abandon à Lui, peut déterminer la condition où il peut nous prendre en charge complètement ! »
En clair, la connaissance est un frein, la volonté n'a d'intérêt que pour mieux s'abandonner et le Maître décide de tout.
Résumons-nous : « Quelle devrait être l'attitude idéale de l'abhyasi ?», voilà une question qu'elle est bonne (p.42) : « Selon les propres mots de Master : "il doit être tel un homme mort entre les mains d'un habilleur funéraire". C'est-à-dire que l'abhyasi doit être tel un corps mort, exempt de de désir personnel, d'opinions personnelles et complètement dénué de toute résistance. Un tel abhyasi est un matériau idéal car il n'offre aucune résistance d'aucune sorte, pas plus physique que mentale, aux pouvoirs spirituels du Maître.»
Sans commentaires ! A la SRCM, on ne pratique pas toujours la langue de bois…
C'est une méthode de méditation dite simplifiée, parfaitement adaptée à la vie de l'Homme moderne, sur le plan professionnel comme sur le plan familial.
Son objectif est d'atteindre le but ultime de l'existence, la fusion de l'individu et du divin (layavastha).
- Une pratique (sadhana) : Duement codifiée, la pratique du Sahaj Marg comporte trois rites quotidiens, plusieurs séances hebdomadaires, sans parler des obligations à caractère permanent...
- Des individus (abhyasis) : Les adeptes du Sahaj Marg sont des aspirants spirituels ou abhyasis. Ils sont guidés dans leur quête du but ultime par le Guru, ou à défaut par les précepteurs qu'il a formés pour le relayer dans sa tache...
- Des lieux de rencontre : Les sittings hebdomadaires se déroulent dans des ashrams ou des centres. Pour attirer de nouvelles recrues, les adeptes sont vivement encouragés à réaliser des portes ouvertes où sont conviées les relations...
- Les mécanismes de l'emprise : Le Sahaj Marg repose sur des mécanismes très répandus dans l'univers des sectes, l'hypnose et le vide mental intérieur…
La pratique (sadhana)
La pratique du Sahaj Marg, ou sadhana, est une pratique de méditation centrée sur le cœur, dont le cadre principal repose sur une pratique quotidienne (abhyas), des sittings hebdomadaires et quelques obligations permanentes.
- Les abhyas quotidiens :
Méditation, cleaning et prière sont les trois abhyas quotidiens qu'il faut absolument pratiquer de manière assidue si l'on veut faire des progrès rapides, donc tendre vers le but ultime mais surtout faire plaisir au Maître.
La méditation : elle doit être réalisée pendant une heure, avant le lever du soleil et après s'être lavé. C'est un moment de passivité totale où il faut s'abandonner au divin. C'est-à-dire intérioriser l'adoration au Maître par une totale dévotion.
Le cleaning : C'est une méthode active de nettoyage des impuretés accumulées durant la journée. Elle a donc lieu le soir avant diner pendant une demi-heure. Les impuretés, ou samskaras, doivent s'échapper de l'arrière comme de la fumée...
La prière : Ce sont quelques mots pour formuler sa complète dépendance au Maître divin. Elle doit être répétée deux à trois fois, avant le coucher, pendant une dizaine de minutes, avec dévotion et dans une attitude suppliante.
- Les séances hebdomadaires :
Aux abhyas quotidiens individuels s'ajoutent des séances collectives. Ces sittings ou satsangh sont des séances de méditation collective. Elles ont lieu deux fois par semaine, le mercredi soir et le dimanche matin en général, dans les différents centres de la SRCM. Il est vivement suggéré aux abhyasis d'en suivre au minimum une par semaine.
Un sitting de méditation individuelle avec un précepteur est aussi recommandé au moins deux fois par mois.
- Obligations permanentes
Outre ses abhyas quotidiens et les sittings de groupe, il est conseillé pour progresser rapidement de lire et relire les dix maximes du Sahaj Marg, de tenir un journal quotidien, ainsi que de pratiquer la renonciation, le non attachement et de développer le souvenir constant du Maître (constant remembrance).
Enfin, il est naturellement suggéré de rencontrer le Maître le plus souvent possible.
- Pour démarrer...
Avant toutes choses, le nouvel abhyasi doit suivre un minimum de trois sittings d'introduction avec un précepteur, pour effectuer son nettoyage ou cleaning initial, sur une période de deux à trois jours consécutifs, à raison d'une demi-heure à chaque fois. Ce n'est qu'ensuite qu'il pourra commencer ses abhyas quotidiens...
"Le moyen le plus facile et le plus sûr d'atteindre le but est de s'abandonner au Grand Maître et de devenir soi-même un mort-vivant (...). L'abandon de soi n'est rien d'autre qu'un état de complète résignation à la volonté du Maître, avec un complet désintérêt de soi. Demeurer en permanence en cet état mène au commencement de l'état de négation (...). En cet état un homme ne pense et ne fait que ce que la volonté de son Maître lui ordonne (...). Sa volonté sera complètement subordonnée à la volonté du Maître." (Babuji - Rôle de l'abhyasi dans le Sahaj Marg)
Guru, précepteurs et abhyasis
Les trois piliers du Sahaj Marg sont le Maître, ses précepteurs et les aspirants spirituels.
- Le Maître (guru, master)
Le rôle du Maître est de guider l'aspirant spirituel vers le but ultime. Il concentre l'énergie divine et la déverse dans le coeur de l'abhyasi. Ce qui permet à ce dernier de progresser plus vite...
Dans le discours de la Shri Ram Chandra Mission, la distinction entre le Maître suprême ou divin et le Maître vivant n'est pas claire. Il semble que la confusion soit soigneusement entretenue. Mais c'est bel et bien le Maître vivant qui doit être l'objet de toutes les pensées.
En complément, vous pouvez voir aussi les trois Maîtres...
- Les précepteurs (prefect)
Le précepteur est un abhyasi préparé et autorisé par le Maître à réaliser des séances de cleaning et de méditation collectives. Il sert de canal au Maître qui travaille à travers lui.
En général, un bon abhyasi devient précepteur en 3 à 4 ans. Apparemment il est recruté en fonction de ses facultés de dévouement et d'obéissance, plutôt que sur ses aptitudes spirituelles. Il sert de relais au Maître auprès de 10 à 15 abhyasis et passe plus de 10 heures par semaine à cette tâche.
Voir aussi la galère des précepteurs, ou comment la vie devient un enfer...
- Les aspirants spirituels (abhyasis)
Les adeptes de la Shri Ram Chandra Mission sont des aspirants spirituels ou abhyasis. Ils doivent pratiquer assiduement leurs abhyas quotidiens, soit environ 2 heures par jour.
D'après un psychiatre membre de la SRCM, Ferdinand Wulliemier, trois quarts des abhyasis sont des femmes, principalement dans la crise du milieu de vie (35 à 50 ans). Les professions sur-représentées sont celles des soignants, enseignants et artistes. Près du tiers des abhyasis ont une personnalité peu structurée ou borderline et un quart ont déjà suivi une psychothérapie.
En complément, on peut voir aussi de rares mais précieux témoignages...
Les lieux de rencontre
Les lieux de la pratique du Sahaj Marg sont les ashrams et les centres de la Shri Ram Chandra Mission. Les lieux de diffusion du Sahaj Marg auprès des personnes intéressées sont les "Open House", une forme de prosélytisme très cadrée et bien rodée...
- Les ashrams
Qu'est-ce qu'un ashram ? Un monastère hindou où des disciples rencontrent leur gourou, d'après le dictionnaire.
A la Shri Ram Chandra Mission, l'ashram est une salle de méditation collective, dont l'importance se mesure au nombre d'abhyasis qu'elle peut contenir.
La plupart des ashrams sont en Inde, mais ils correspondent peu aux critères occidentaux. En dehors, il y en a trois aux Etats-Unis et autant en France, deux au Danemark, un au Royaume-Uni, en Suisse et en Afrique du Sud. Un autre est annoncé en Australie, mais seul le terrain est acquis et il reste à construire.
Certains ashrams bénéficient du qualificatif d'internationaux. Ils accueillent les abhyasis du monde entier pour des séminaires internationaux. En Inde, c'est le Babuji Memorial Ashram et depuis peu le Satkhol Hymalayan Ashram. Ailleurs, c'est Augerans (France), Molena (USA), Vrads Sande (Danemark) et Lenasia (Afrique du Sud).
- Les centres
Les centres sont les lieux de sittings hebdomadaires, les mercredis et dimanches. Certains peuvent être des salles de moyenne importance, mais la plupart sont au domicile des précepteurs.
En 1997, Chari annonçait ainsi plus de 700 centres à travers le monde. Aujourd'hui la Shri Ram Chandra Mission diffuse une liste de ses centres sur son site web. Mais, entre propagande et réalité, les chiffres sont à prendre avec précaution.
Pour exemple, la Suisse affiche 24 centres sur le site web à la fin 2001, alors qu'en réalité il n'y en avait que 12 au début de la même année.
- "Open House"
Réaliser des "open house" ou portes ouvertes est fortement recommandé par la Mission.
Il s'agit d'inviter des amis, connaissances ou personnes vaguement intéressées par le Sahaj Marg dans les centres de la Mission pour faire du prosélytisme.
Mais attention ! les consignes sont très strictes. Les sittings sont formellement interdits tant que des non abhyasis sont présents. N'ont droit de répondre aux questions que les précepteurs responsables de zone...
Mécanismes de l'emprise
"Ne pensez à rien, le gourou s'en chargera pour vous"
A la base il y a un piège. Et quelle que soit la secte, le mécanisme de ce piège est toujours le même. Seul l'habillage change. La technique à l'origine du mécanisme est une forme d'hypnose ; la clé de la réussite c'est le vide intérieur ou l'absence de pensée. A ce piège, tout le monde peut succomber. L'homme moderne, stressé par la vie quotidienne, constitue la proie idéale. Il lui suffit d'avoir été un peu déstabilisé par un événement quelconque pour sombrer.
Jean-Pierre Petit a écrit un article éclairant à ce propos dans le journal La Croix (26/08/95). Voulant récupérer l'un de ses amis tombé dans le piège de la "Ram Shandrah", il est entré dans la secte, a observé leurs pratiques et cherché à en décrypter les mécanismes :
«Faites une expérience, à plusieurs. Un sujet s'isole sensoriellement (yeux fermés, pièce silencieuse). "L'hypnotiseur" martèle alors un ordre quelconque, avec une voix insistante et convaincante. Si le sujet conserve sa propre pensée, ça ne marche pas. Mais s'il fait l'effort de se "vider la tête", la suggestion hypnotique se manifeste et l'ordre est exécuté, à sa plus grande surprise. (…) La clé de toute secte est la non-pensée : ne pensez à rien, le gourou s'en chargera pour vous.»
En pratique, à la SRCM, hypnose et non-pensée se traduisent par méditation et obéissance au Maître. «[Jean-Pierre Petit] n'exclus pas, a priori, que cet exercice de non-pensée puisse ouvrir le mental humain à quelque réalité transcendante, à des dimensions dont j'ignore la nature. C'est le thème central du bouddhisme, de l'hindouisme et du yoga. La non-pensée éveille "quelque chose" chez l'individu, mais elle le rend aussi extrêmement vulnérable et c'est alors que les choses se gâtent.»
«(…) Une des techniques de la secte Ram Shandrah consistait, par exemple, à demander à l'adepte de "méditer", tête vide, devant une photo en pied du gourou. Alors commence l'imprégnation mentale, inconsciente, la mainmise insidieuse, étonnamment rapide.»
Le vide intérieur fragilise l'individu et le rend vulnérable. D'ailleurs Babuji ne dit rien d'autre (cité par Chari, dans "Mon Maître", p 68) : « En spiritualité l'obéissance est de la plus haute importance. Quand une personne s'abandonne à un Maître, cela signifie qu'elle le fait totalement sur tous les plans. Elle est devenue simplement un instrument dans les mains du Maître (…). Si tu obéis à un vrai guru c'est bien et cela te mènera à ton but. Mais si tu prends pour guide une mauvaise personne, alors l'obéissance ne t'aidera en rien (…).»
«Je te dis qu'il est préférable de n'avoir pas de guru du tout plutôt que d'en avoir un mauvais. Sans un vrai Maître, il se peut que tu ne progresse pas, mais cela vaut mieux que de régresser avec un mauvais guru.»
On ne peut que souscrire à ces deux dernières phrases, frappées au coin du bon sens. Dommage que les abhyasis ne souscrivent pas à ce sage principe de précaution…
Chari précise : aucune aptitude, compétence ou connaissance ne sont nécessaires. En fait, ce que veut le gourou, c'est une obéissance aveugle et immédiate ("Mon Maître" pp 95-97) : « Lorsqu'un ordre est donné par le Maître, l'activité nécessaire l'exécute immédiatement, presque au niveau d'une action-réflexe. Ceci, il me semble, est ce qui distingue le véritable adepte de la personne simplement compétente et qui n'a pas développé cette capacité d'obéissance parfaite, spontanée et instantanée (…). Pour fouler un tel chemin, aucune aptitude ni compétence ne sont nécessaires, peut-être même qu'aucune connaissance n'est nécessaire.»
«Tout ce qui est maintenant nécessaire c'est une obéissance aveugle aux instructions du Maître. Ceci seul, garantira l'heureux aboutissement de la quête spirituelle, rapidement et sans danger.»
Un peu plus loin, Chari rajoute (pp 97-98) : « Un niveau a été maintenant atteint, où même la connaissance n'est plus nécessaire (…). Cela ne veut pas dire que nous abandonnons la connaissance comme quelque chose d'indigne ou incapable de nous aider. Elle a joué son rôle qui est maintenant révolu et le temps est venu pour elle de quitter la scène. C'est tout ! »
« Tout ce dont nous avons besoin maintenant, c'est de volonté ; la volonté d'agir et d'obéir au Maître dans le moindre détail de son instruction.»
« Pour ceux qui ont eu assez de chance pour parvenir à cet état élevé, le Maître n'est plus un guide pour la spiritualité seule. Il est maintenant devenu le Maître de notre vie dans tous les aspects de l'existence. Il devient le père, la mère, le fils, le professeur, le docteur, en fait il n'y a pas de rôle qu'Il ne joue pas dans la vie de l'abhyasi. Il a pris l'abhyasi totalement en charge. Ainsi, nous voyons que seulement notre abandon à Lui, peut déterminer la condition où il peut nous prendre en charge complètement ! »
En clair, la connaissance est un frein, la volonté n'a d'intérêt que pour mieux s'abandonner et le Maître décide de tout.
Résumons-nous : « Quelle devrait être l'attitude idéale de l'abhyasi ?», voilà une question qu'elle est bonne (p.42) : « Selon les propres mots de Master : "il doit être tel un homme mort entre les mains d'un habilleur funéraire". C'est-à-dire que l'abhyasi doit être tel un corps mort, exempt de de désir personnel, d'opinions personnelles et complètement dénué de toute résistance. Un tel abhyasi est un matériau idéal car il n'offre aucune résistance d'aucune sorte, pas plus physique que mentale, aux pouvoirs spirituels du Maître.»
Sans commentaires ! A la SRCM, on ne pratique pas toujours la langue de bois…
Organisation de la Shri Ram Chandra Mission
La Shri Ram Chandra Mission a été fondée en Inde par Babuji en 1945. Cette organisation n'a cessé de s'accroître depuis sa création. Sa structure administrative s'est adaptée à cette croissance, de même que ses moyens de communication interne. Et ses finances ont suivi...
- Importance : Présente dans plus de 70 pays, la Shri Ram Chandra Mission annonce 75 000 adeptes, plus de 700 centres et 89 ashrams...
- Structure : L'organisation de la Shri Ram Chandra Mission s'est considérablement renforcée ces 20 dernières années. Très centralisatrice, sa structure s'est dotée d'une lourde administration parrallèle aux précepteurs...
- Communication interne : De quelques bulletins internes locaux, la Shri Ram Chandra Mission est très tôt passée au web pour faciliter sa communication interne et aider la centralisation hiérarchique...
- Finances : S'il n'existe aucun élément permettant d'affirmer que les adeptes payent un lourd tribut à la Mission, on constate cependant que son patrimoine s'est fortement accru...
Importance numérique
Question stratégique s'il en est une, l'importance numérique de la Shri Ram Chandra Mission est une affaire délicate à apprécier. Entre propagande et réalité, tentons d'y voir un peu plus clair.
- Evolution historique :
Confidentiel et limité à l'état d'Uttar Pradesh du temps de Lalaji, le Sahaj Marg s'est fait connaître dans le reste de l'Inde grâce à Babuji. C'est Chari qui l'a introduit, avec succès, dans le monde occidental...
Les données les plus fiables dont on dispose concernent le nombre de précepteurs. Les chiffres concernant les abhyasis sont généralement partiels ou bien entâchés de propagande...
Nombre de précepteurs
Lalaji commence à enseigner le Sahaj Marg dans le nord de l'Inde en 1895. A sa mort en 1931, il avait formé une dizaine de précepteurs.
Babuji reprend ses enseignements vers 1945 et implante la Shri Ram Chandra Mission dans le sud de l'Inde. A sa mort en 1983, il y aurait environ 180 précepteurs, presque tous en Inde. En 1995, Chari est à la tête de 1129 précepteurs, dont la moitié sont en dehors de l'Inde.
La course vers l'occident
En 1970, Chari devient secrétaire de la Mission, sous l'autorité de son Maître Babuji. Les tous premiers abhyasis européens apparaissent en 1971 et le tout premier centre de la Mission hors de l'Inde ouvre à Nice en 1972. Cette même année, Chari entraîne Babuji dans un voyage en Europe et aux USA. Mais il faut attendre 1983 et la mort de Babuji pour que la Mission se développe vraiment en occident. Les principaux responsables sont entrés à la SRCM à la fin des années 80 et au début des années 90.
D'après la Mission, Lalaji avait une centaine d'adeptes. En 1995, le chiffre communément annoncé est de 50 000 abhyasis. En 1997, Chari annonce le chiffre de 55 000, puis en 2000 celui de 75 000 abhyasis dans 73 pays et plus de 700 centres...
- Répartition géographique :
Mais Chari n'a pas remporté partout le succès qu'il escomptait. En dehors de son berceau indien qui reste numériquement le plus important, c'est surtout en Europe que la Mission à véritablement réussi à s'implanter...
Pour estimation, on se basera sur le nombre de précepteurs en 1995. Ce sont les seules données à peu près fiables dont on dispose à l'échelle internationale. Les précepteurs se répartissent presque pour moitié en Inde et pour moitié dans le reste du monde...
L'Amérique compte 19% des précepteurs, si l'on exclue les précepteurs indiens. La plupart sont aux Etats-Unis. Le sous continent latino américain n'en compte aucun...
Hors Inde, les 2 continents de l'Afrique et de l'Asie totalisent seulement 18% des précepteurs. Les trois quarts d'entre eux se concentrent sur 4 pays (Malaisie, Iran, Afrique du sud et Madagascar)...
L'Europe, elle, compte 60% des précepteurs. La France arrive largement en tête avec plus du tiers d'entre eux. Viennent ensuite par ordre d'importance l'Allemagne, le Danemark et la Suisse...
N'en restent plus guère alors qu'à peine 3% pour l'Océanie...
Structure & Organisation
En 20 ans, la Shri Ram Chandra Mission a considérablement changé de dimension. Sous l'influence de Chari, le Sahaj Marg s'est répandu depuis l'Inde jusque sur l'ensemble de la planête. Et avec une croissance voisine de 6% par an, les abhyasis se comptent maintenant par dizaines de milliers.
L'intendance a été obligée de suivre et l'organisation s'est structurée...
- Organisation spirituelle
Les précepteurs, relais entre le Maître et les abhyasis, ne permettent plus une gestion adéquate de la doctrine et de son enseignement lorsque leur nombre dépasse le millier. De nouveaux échelons hiérarchiques s'imposent entre le Maître et eux...
Fondamentalement, le Sahaj Marg repose sur une relation de dépendance de l'aspirant spirituel envers le Maître, l'abhyasi ne pouvant convenablement progresser sans l'aide de son Maître. Mais rapidement, le Maître n'a pu seul satisfaire tous ses adeptes puisqu'à sa mort en 1983 Babuji avait déjà formé 180 précepteurs.
En bon entrepreneur, Chari n'a eu de cesse de déplorer le manque de résultats des précepteurs. Et, à défaut de résultat, il a donc exigé de leur part un engagement important en temps consacré aux abhyasis.
Ainsi chaque précepteur doit, entre autres, envoyer directement au Maître un rapport d'activités mensuel et participer à de multiples séminaires de formation...
Avec l'expansion de la SRCM vers l'Occident, Chari a ensuite introduit un maillage géographique supplémentaire. Les précepteurs sont rattachés à une zone géographique gérée par un administrateur (Zonal Administrator ou ZA). Ce dernier envoie lui aussi à Chari son rapport mensuel sur les précepteurs mais dépend dans le même temps d'un coordinateur national.
Dernière innovation en date, Chari a nommé sur le plan international sept chargés de développement en 2001, sous l'autorité directe du secrétaire aux affaires internationales, lui-même membre du Conseil du Président. Ce nouveau découpage correspond, semble-t-il, à un compromis entre barrières linguistiques et culturelles et frontières étatiques :
- Un allemand pour les répubiques de l'ex-URSS (hors Balkans)
- Un français pour les pays francophones (dont le Québec)
- Un italien pour la Turquie, la Grèce et les Balkans
- Une anglaise pour les pays anglophones (hors USA)
- Deux personnes pour l'Amérique latine
- Une personne pour l'Iran et les pays arabes
- Structure administrative
A ce stade, la seule organisation spirituelle devient largement insuffisante. L'organisation matérielle prend vite le pas sur la sphère spirituelle. Comment rester omnipotent sans sombrer dans la bureaucratie ? Tel était le défi à relever par Chari...
L'expansion géographique a conduit Chari à renforcer son secrétariat et créer des structures géographiques relais, puis à séparer les pouvoirs (spirituel et administratif) et s'entourer de conseils...
Les relais géographiques
Le maillage géographique dépend de l'importance locale de la Shri Ram Chandra Mission. Ainsi l'Europe a pu compter jusqu'à trois sous ensembles continentaux avec leurs relais nationaux tandis qu'il n'existe qu'un seul niveau pour l'ensemble de l'Océanie. Mais l'organisation reste toujours semblable, quelque soit le niveau.
En bon entrepreneur, Chari a appelé ces structures relais des Comités de management. Elles sont composées comme suit : un Centre-in-charge (CIC), un Secrétaire, un Trésorier, des Coordinateurs d'activités (zones, ashrams, publications, SMRTI, etc.) et un Auditeur interne.
Ce modèle d'organisation a reçu le joli nom de "flower system" au Royaume-Uni. Le coeur de la fleur est le comité de management et les pétales représentent les différentes activités.
Pour des raisons pratiques, ces structures ont du se doter du statut d'association. Mais les législations locales imposent parfois une organisation qui ne convient pas à la SRCM (démocratie et possibilité de consultation des noms des membres).
Ainsi en Belgique, à côté du conseil d'administration officiel, on retrouve le vrai comité de management, appelé Reliance, totalement absent des statuts...
En France, pour s'arranger avec la législation, c'est un Règlement intérieur diffusé seulement en interne que la Shri Ram Chandra Mission fait cohabiter avec les statuts officiels de l'association.
Que l'on se rassure, dans tous les cas, Chari est nommé président à vie et il dispose d'un pouvoir de véto sur l'ensemble des décisions prises, y compris en assemblée générale.
Séparation des pouvoirs
Il y a quelques années, en Angleterre et en Irlande, Chari a souhaité que les personnes qui prenaient des responsabilités administratives cessent leurs activités de prosélytisme spirituel. Et inversement, que les précepteurs mettent fin à leurs fonctions administratives.
Les conseils internationaux
Récemment, Chari s'est entouré d'un Conseil du Président et a mis en place des Conseils continentaux (voir géographie). Le conseil du président est constitué de son secrétaire personnel, du secrétaire de la Mission, du secrétaire aux affaires internationales et de membres éminents de différents pays.
Le conseil européen est constitué des principales personnalités historiques de la SRCM des principaux pays européens. Chari se déplaçant de moins en moins, elles sont chargées de le représenter lors de tous les grands évènements de la Mission.
Communication interne
A la Shri Ram Chandra Mission, chaque abhyasi est vivement encouragé à entretenir une correspondance personnelle avec Chari. Celui-ci veut tout savoir, tout régenter.
En conséquence, ce sont des centaines de lettres et de rapports qui lui parviennent quotidiennement.
Pour y faire face, Chari s'est entouré de multiples personnes et, selon la nature du message, on est invité à l'envoyer à différentes adresses (secrétariat personnel, secrétariat de la Mission, etc.).
- Les magazines
A côté de ce mouvement hyper-centralisateur, différentes initiatives ont été prises pour favoriser la communication au sein des relais géographiques mis en place.
Ainsi ont vu le jour Sahaj Sishu en Inde, Constant Remembrance aux Etats-Unis, Sahaj Marg Magazine en Suisse, Natural Way en Irlande et au Royaume-Uni, Oceania Newsletter en Australie...
En France, c'est Infos Mission et ses avatars régionaux Infos-Sud, Infos-Nord, etc. qui sont apparus progressivement, ainsi qu'une éphémère Lettre aux Centres.
Mais, là encore, Chari a tenté de reprendre la main. Il a d'abord restreint la diffusion de ces magazines en imposant que les destinataires soient recommandés par un précepteur. Il a fait relire le contenu par des "éditeurs" responsables des éditions et publications de la Mission. Enfin il tente de restreindre le nombre des publications par grandes zones linguistiques (Constant Remembrance en anglais, Sahaj Shishu en Hindi et Sahaj Marg Magazine en franco-allemand) en imposant les intitulés des différentes rubriques et en rapatriant l'impression au siège de la Mission.
- Le web
Le développement du web a aussi modifié l'organisation de la communication, la SRCM se précipitant sur ce nouveau moyen de communication.
Deux sites web ont été créés, l'un pour la SRCM et l'autre pour le SMRTI. Très rapidement, différents niveaux d'accès ont été mis en place. Le commun des mortels accède seulement à quelques pages de présentation. Les abhyasis, mais surtout les précepteurs et administrateurs, grâce à un code d'accès, accèdent à l'essentiel du site.
Un courriel, le SahajNet News a aussi été mis en place. Mais là encore, son usage s'est raréfié au fur et à mesure que les informations étaient reprises par les observateurs extérieurs. De 56 numéros en 1998, on est passé à une petite vingtaine en 2001.
Enfin, des sessions de formation on-line sont organisées par le SMRTI pour les précepteurs et abhyasis. La première d'entre elles a eu lieu le 12 octobre 2001 pour l'ensemble des précepteurs de la planète, tandis qu'une autre session est annoncée "pour bientôt" à destination des abhyasis.
Les finances
Pour Babuji, seule la vie spirituelle comptait. L'organisation matérielle de la Shri Ram Chandra Mission n'avait pas d'importance. A sa mort en 1983, la Mission ne possédait rien ou presque. Chari a tout changé...
Les abhyasis ont d'abord été amenés à payer une cotisation annuelle, certes modique, mais aussi ensuite à se doter d'une carte d'identité propre à la SRCM, toujours moyennant finances. En parallèle, les achats de terrains se sont multipliés, les ashrams se sont transformés.
Achat du château d'Augerans (France) et de 5 ha à Madras (Inde) en 1988-89. Achat du château de Vrads Sande (Danemark) et de l'ashram de Molena (USA) en 1992. Achat d'un immeuble au coeur de Lausanne (Suisse) en 1996. Inauguration du Babuji Memorial Ashram en 1999 puis du Satkhol ashram (Inde) en 2000. Achat d'un local de plusieurs centaines de mètres carrés à Nice, d'un terrain à côté de l'aéroport de New Delhi et d'un terrain en Australie en 2001. Et la liste n'est pas exhaustive...
Lorsqu'on leur pose la question de leurs ressources, la réponse est invariablement la même : les cotisations, la vente des publications et les appels aux dons.
L'une de leurs principales sources de revenus est constituée par la vente de publications. Toutes les occasions sont bonnes pour sortir de nouveaux écrits ou des albums de photos. La plupart des discours du Maître sont retranscrits par écrit puis revendus. Les anniversaires ou les grandes manifestations font l'objet de nouveaux albums de photos. Et les abhyasis sont très fortement encouragés à acheter les uns et les autres.
Une autre source de financement, non négligeable, est constituée par les dons. Toutes les manifestations sont précédées par des appels aux dons. Dans toutes les activités de la Mission, il est rappelé que les dons sont les bienvenus pour développer les activités en question. A chaque fois, le bon de souscription précise que le don pourra être utilisé à d'autres fins que son objet initial, selon le bon vouloir de la Mission.
Théoriquement, l'entrée dans la Shri Ram Chandra Mission est gratuite. En pratique, chaque pays instaure une cotisation, dont le montant demeure assez faible. Mais la participation à certains grands évènements comme l'inauguration du Babuji Memorial Ashram peuvent être beaucoup plus élevés.
Les relations de la Shri Ram Chandra Mission aux entreprises sont méconnue. Cependant, des relations fortes existent entre certains dirigeants d'entreprises, notamment des entreprises de pointe, et la Mission...
Dans tous les cas, la SRCM ne manque pas de fonds. Son patrimoine en est la première preuve et la seconde est sa participation financière lors de certains évènements malheureux (Gujarat, 11 septembre) où la Mission très rapidement a versé des fonds pour les victimes.
- Importance : Présente dans plus de 70 pays, la Shri Ram Chandra Mission annonce 75 000 adeptes, plus de 700 centres et 89 ashrams...
- Structure : L'organisation de la Shri Ram Chandra Mission s'est considérablement renforcée ces 20 dernières années. Très centralisatrice, sa structure s'est dotée d'une lourde administration parrallèle aux précepteurs...
- Communication interne : De quelques bulletins internes locaux, la Shri Ram Chandra Mission est très tôt passée au web pour faciliter sa communication interne et aider la centralisation hiérarchique...
- Finances : S'il n'existe aucun élément permettant d'affirmer que les adeptes payent un lourd tribut à la Mission, on constate cependant que son patrimoine s'est fortement accru...
Importance numérique
Question stratégique s'il en est une, l'importance numérique de la Shri Ram Chandra Mission est une affaire délicate à apprécier. Entre propagande et réalité, tentons d'y voir un peu plus clair.
- Evolution historique :
Confidentiel et limité à l'état d'Uttar Pradesh du temps de Lalaji, le Sahaj Marg s'est fait connaître dans le reste de l'Inde grâce à Babuji. C'est Chari qui l'a introduit, avec succès, dans le monde occidental...
Les données les plus fiables dont on dispose concernent le nombre de précepteurs. Les chiffres concernant les abhyasis sont généralement partiels ou bien entâchés de propagande...
Nombre de précepteurs
Lalaji commence à enseigner le Sahaj Marg dans le nord de l'Inde en 1895. A sa mort en 1931, il avait formé une dizaine de précepteurs.
Babuji reprend ses enseignements vers 1945 et implante la Shri Ram Chandra Mission dans le sud de l'Inde. A sa mort en 1983, il y aurait environ 180 précepteurs, presque tous en Inde. En 1995, Chari est à la tête de 1129 précepteurs, dont la moitié sont en dehors de l'Inde.
La course vers l'occident
En 1970, Chari devient secrétaire de la Mission, sous l'autorité de son Maître Babuji. Les tous premiers abhyasis européens apparaissent en 1971 et le tout premier centre de la Mission hors de l'Inde ouvre à Nice en 1972. Cette même année, Chari entraîne Babuji dans un voyage en Europe et aux USA. Mais il faut attendre 1983 et la mort de Babuji pour que la Mission se développe vraiment en occident. Les principaux responsables sont entrés à la SRCM à la fin des années 80 et au début des années 90.
D'après la Mission, Lalaji avait une centaine d'adeptes. En 1995, le chiffre communément annoncé est de 50 000 abhyasis. En 1997, Chari annonce le chiffre de 55 000, puis en 2000 celui de 75 000 abhyasis dans 73 pays et plus de 700 centres...
- Répartition géographique :
Mais Chari n'a pas remporté partout le succès qu'il escomptait. En dehors de son berceau indien qui reste numériquement le plus important, c'est surtout en Europe que la Mission à véritablement réussi à s'implanter...
Pour estimation, on se basera sur le nombre de précepteurs en 1995. Ce sont les seules données à peu près fiables dont on dispose à l'échelle internationale. Les précepteurs se répartissent presque pour moitié en Inde et pour moitié dans le reste du monde...
L'Amérique compte 19% des précepteurs, si l'on exclue les précepteurs indiens. La plupart sont aux Etats-Unis. Le sous continent latino américain n'en compte aucun...
Hors Inde, les 2 continents de l'Afrique et de l'Asie totalisent seulement 18% des précepteurs. Les trois quarts d'entre eux se concentrent sur 4 pays (Malaisie, Iran, Afrique du sud et Madagascar)...
L'Europe, elle, compte 60% des précepteurs. La France arrive largement en tête avec plus du tiers d'entre eux. Viennent ensuite par ordre d'importance l'Allemagne, le Danemark et la Suisse...
N'en restent plus guère alors qu'à peine 3% pour l'Océanie...
Structure & Organisation
En 20 ans, la Shri Ram Chandra Mission a considérablement changé de dimension. Sous l'influence de Chari, le Sahaj Marg s'est répandu depuis l'Inde jusque sur l'ensemble de la planête. Et avec une croissance voisine de 6% par an, les abhyasis se comptent maintenant par dizaines de milliers.
L'intendance a été obligée de suivre et l'organisation s'est structurée...
- Organisation spirituelle
Les précepteurs, relais entre le Maître et les abhyasis, ne permettent plus une gestion adéquate de la doctrine et de son enseignement lorsque leur nombre dépasse le millier. De nouveaux échelons hiérarchiques s'imposent entre le Maître et eux...
Fondamentalement, le Sahaj Marg repose sur une relation de dépendance de l'aspirant spirituel envers le Maître, l'abhyasi ne pouvant convenablement progresser sans l'aide de son Maître. Mais rapidement, le Maître n'a pu seul satisfaire tous ses adeptes puisqu'à sa mort en 1983 Babuji avait déjà formé 180 précepteurs.
En bon entrepreneur, Chari n'a eu de cesse de déplorer le manque de résultats des précepteurs. Et, à défaut de résultat, il a donc exigé de leur part un engagement important en temps consacré aux abhyasis.
Ainsi chaque précepteur doit, entre autres, envoyer directement au Maître un rapport d'activités mensuel et participer à de multiples séminaires de formation...
Avec l'expansion de la SRCM vers l'Occident, Chari a ensuite introduit un maillage géographique supplémentaire. Les précepteurs sont rattachés à une zone géographique gérée par un administrateur (Zonal Administrator ou ZA). Ce dernier envoie lui aussi à Chari son rapport mensuel sur les précepteurs mais dépend dans le même temps d'un coordinateur national.
Dernière innovation en date, Chari a nommé sur le plan international sept chargés de développement en 2001, sous l'autorité directe du secrétaire aux affaires internationales, lui-même membre du Conseil du Président. Ce nouveau découpage correspond, semble-t-il, à un compromis entre barrières linguistiques et culturelles et frontières étatiques :
- Un allemand pour les répubiques de l'ex-URSS (hors Balkans)
- Un français pour les pays francophones (dont le Québec)
- Un italien pour la Turquie, la Grèce et les Balkans
- Une anglaise pour les pays anglophones (hors USA)
- Deux personnes pour l'Amérique latine
- Une personne pour l'Iran et les pays arabes
- Structure administrative
A ce stade, la seule organisation spirituelle devient largement insuffisante. L'organisation matérielle prend vite le pas sur la sphère spirituelle. Comment rester omnipotent sans sombrer dans la bureaucratie ? Tel était le défi à relever par Chari...
L'expansion géographique a conduit Chari à renforcer son secrétariat et créer des structures géographiques relais, puis à séparer les pouvoirs (spirituel et administratif) et s'entourer de conseils...
Les relais géographiques
Le maillage géographique dépend de l'importance locale de la Shri Ram Chandra Mission. Ainsi l'Europe a pu compter jusqu'à trois sous ensembles continentaux avec leurs relais nationaux tandis qu'il n'existe qu'un seul niveau pour l'ensemble de l'Océanie. Mais l'organisation reste toujours semblable, quelque soit le niveau.
En bon entrepreneur, Chari a appelé ces structures relais des Comités de management. Elles sont composées comme suit : un Centre-in-charge (CIC), un Secrétaire, un Trésorier, des Coordinateurs d'activités (zones, ashrams, publications, SMRTI, etc.) et un Auditeur interne.
Ce modèle d'organisation a reçu le joli nom de "flower system" au Royaume-Uni. Le coeur de la fleur est le comité de management et les pétales représentent les différentes activités.
Pour des raisons pratiques, ces structures ont du se doter du statut d'association. Mais les législations locales imposent parfois une organisation qui ne convient pas à la SRCM (démocratie et possibilité de consultation des noms des membres).
Ainsi en Belgique, à côté du conseil d'administration officiel, on retrouve le vrai comité de management, appelé Reliance, totalement absent des statuts...
En France, pour s'arranger avec la législation, c'est un Règlement intérieur diffusé seulement en interne que la Shri Ram Chandra Mission fait cohabiter avec les statuts officiels de l'association.
Que l'on se rassure, dans tous les cas, Chari est nommé président à vie et il dispose d'un pouvoir de véto sur l'ensemble des décisions prises, y compris en assemblée générale.
Séparation des pouvoirs
Il y a quelques années, en Angleterre et en Irlande, Chari a souhaité que les personnes qui prenaient des responsabilités administratives cessent leurs activités de prosélytisme spirituel. Et inversement, que les précepteurs mettent fin à leurs fonctions administratives.
Les conseils internationaux
Récemment, Chari s'est entouré d'un Conseil du Président et a mis en place des Conseils continentaux (voir géographie). Le conseil du président est constitué de son secrétaire personnel, du secrétaire de la Mission, du secrétaire aux affaires internationales et de membres éminents de différents pays.
Le conseil européen est constitué des principales personnalités historiques de la SRCM des principaux pays européens. Chari se déplaçant de moins en moins, elles sont chargées de le représenter lors de tous les grands évènements de la Mission.
Communication interne
A la Shri Ram Chandra Mission, chaque abhyasi est vivement encouragé à entretenir une correspondance personnelle avec Chari. Celui-ci veut tout savoir, tout régenter.
En conséquence, ce sont des centaines de lettres et de rapports qui lui parviennent quotidiennement.
Pour y faire face, Chari s'est entouré de multiples personnes et, selon la nature du message, on est invité à l'envoyer à différentes adresses (secrétariat personnel, secrétariat de la Mission, etc.).
- Les magazines
A côté de ce mouvement hyper-centralisateur, différentes initiatives ont été prises pour favoriser la communication au sein des relais géographiques mis en place.
Ainsi ont vu le jour Sahaj Sishu en Inde, Constant Remembrance aux Etats-Unis, Sahaj Marg Magazine en Suisse, Natural Way en Irlande et au Royaume-Uni, Oceania Newsletter en Australie...
En France, c'est Infos Mission et ses avatars régionaux Infos-Sud, Infos-Nord, etc. qui sont apparus progressivement, ainsi qu'une éphémère Lettre aux Centres.
Mais, là encore, Chari a tenté de reprendre la main. Il a d'abord restreint la diffusion de ces magazines en imposant que les destinataires soient recommandés par un précepteur. Il a fait relire le contenu par des "éditeurs" responsables des éditions et publications de la Mission. Enfin il tente de restreindre le nombre des publications par grandes zones linguistiques (Constant Remembrance en anglais, Sahaj Shishu en Hindi et Sahaj Marg Magazine en franco-allemand) en imposant les intitulés des différentes rubriques et en rapatriant l'impression au siège de la Mission.
- Le web
Le développement du web a aussi modifié l'organisation de la communication, la SRCM se précipitant sur ce nouveau moyen de communication.
Deux sites web ont été créés, l'un pour la SRCM et l'autre pour le SMRTI. Très rapidement, différents niveaux d'accès ont été mis en place. Le commun des mortels accède seulement à quelques pages de présentation. Les abhyasis, mais surtout les précepteurs et administrateurs, grâce à un code d'accès, accèdent à l'essentiel du site.
Un courriel, le SahajNet News a aussi été mis en place. Mais là encore, son usage s'est raréfié au fur et à mesure que les informations étaient reprises par les observateurs extérieurs. De 56 numéros en 1998, on est passé à une petite vingtaine en 2001.
Enfin, des sessions de formation on-line sont organisées par le SMRTI pour les précepteurs et abhyasis. La première d'entre elles a eu lieu le 12 octobre 2001 pour l'ensemble des précepteurs de la planète, tandis qu'une autre session est annoncée "pour bientôt" à destination des abhyasis.
Les finances
Pour Babuji, seule la vie spirituelle comptait. L'organisation matérielle de la Shri Ram Chandra Mission n'avait pas d'importance. A sa mort en 1983, la Mission ne possédait rien ou presque. Chari a tout changé...
Les abhyasis ont d'abord été amenés à payer une cotisation annuelle, certes modique, mais aussi ensuite à se doter d'une carte d'identité propre à la SRCM, toujours moyennant finances. En parallèle, les achats de terrains se sont multipliés, les ashrams se sont transformés.
Achat du château d'Augerans (France) et de 5 ha à Madras (Inde) en 1988-89. Achat du château de Vrads Sande (Danemark) et de l'ashram de Molena (USA) en 1992. Achat d'un immeuble au coeur de Lausanne (Suisse) en 1996. Inauguration du Babuji Memorial Ashram en 1999 puis du Satkhol ashram (Inde) en 2000. Achat d'un local de plusieurs centaines de mètres carrés à Nice, d'un terrain à côté de l'aéroport de New Delhi et d'un terrain en Australie en 2001. Et la liste n'est pas exhaustive...
Lorsqu'on leur pose la question de leurs ressources, la réponse est invariablement la même : les cotisations, la vente des publications et les appels aux dons.
L'une de leurs principales sources de revenus est constituée par la vente de publications. Toutes les occasions sont bonnes pour sortir de nouveaux écrits ou des albums de photos. La plupart des discours du Maître sont retranscrits par écrit puis revendus. Les anniversaires ou les grandes manifestations font l'objet de nouveaux albums de photos. Et les abhyasis sont très fortement encouragés à acheter les uns et les autres.
Une autre source de financement, non négligeable, est constituée par les dons. Toutes les manifestations sont précédées par des appels aux dons. Dans toutes les activités de la Mission, il est rappelé que les dons sont les bienvenus pour développer les activités en question. A chaque fois, le bon de souscription précise que le don pourra être utilisé à d'autres fins que son objet initial, selon le bon vouloir de la Mission.
Théoriquement, l'entrée dans la Shri Ram Chandra Mission est gratuite. En pratique, chaque pays instaure une cotisation, dont le montant demeure assez faible. Mais la participation à certains grands évènements comme l'inauguration du Babuji Memorial Ashram peuvent être beaucoup plus élevés.
Les relations de la Shri Ram Chandra Mission aux entreprises sont méconnue. Cependant, des relations fortes existent entre certains dirigeants d'entreprises, notamment des entreprises de pointe, et la Mission...
Dans tous les cas, la SRCM ne manque pas de fonds. Son patrimoine en est la première preuve et la seconde est sa participation financière lors de certains évènements malheureux (Gujarat, 11 septembre) où la Mission très rapidement a versé des fonds pour les victimes.
SMRTI & Prosélytisme
Du temps de Lalaji, le Sahaj Marg était confidentiel. Babuji l'a aidé à se répandre en Inde, mais son véritable essor mondial date de l'arrivée de Chari au secrétariat général de la Shri Ram Chandra Mission et surtout de sa prise de pouvoir en 1983.
Les précepteurs sont vite devenus le fer de lance de sa politique expansionniste et ses discours en témoignent. Mais rapidement, la Shri Ram Chandra Mission et une poignée de ses membres les plus éminents se sont dotés de moyens "respectables", voire "scientifiques" pour faire du prosélytisme à grande échelle.
- Un outil : Au travers de sa fondation Sahaj Marg Spiritualité (Sahaj Marg Spirituality Foundation), la SRCM s'est doté d'un puissant outil de prosélytisme, le SMRTI ou Sahaj Marg Research and Training Institute...
- Des canaux de diffusion : Les principaux canaux de diffusion du Sahaj Marg sont l'univers de la psychologie et les formations au développement personnel. Mais il en existe de plus insidieux via le monde professionnel...
- Et des cibles : Mais le SMRTI, au travers de ces différents canaux de diffusion, ne vise qu'une seule cible : la celule familiale. Voire même seulement l'individu, si possible assez fragile pour succomber...
Qu'est-ce que le SMRTI ?
Le SMRTI ou Sahaj Marg Research and Training Institute dépend légalement d'une fondation (Sahaj Marg Spirituality Foundation) dont les statuts ont été déposés aux Etats-Unis.
Créé en 1967, il s'appelait à l'origine SMRI. Il a été fondé par le Docteur K. C. Varadachari, professeur de philosophie et l'un des plus grands disciples de Babuji. Très actif au début, il est tombé en sommeil dans les années 70, puis a été repris dans les années 80 par le fils de Varadachari. Mais Sri K. C. Narayana abandonnera vite la SRCM pour créer l'ISRC dissident.
Le véritable SMRTI sort de l'ombre au début des années 90. Plutôt qu'une école de philosophie, c'est un network mondial constitué des plus éminentes personnalités de la Shri Ram Chandra Mission (les Faculty members).
Leur objectif est de disséminer à travers le monde les enseignements du Sahaj Marg, via le plus grand nombre de moyens possibles qu'ils créeront et mettront en oeuvre au sein de leur Institut.
A leur actif, on peut citer la première formation des précepteurs via internet (online training course), bientôt suivie d'une formation de même nature pour l'ensemble des abhyasis.
Ce sont eux aussi qui sont à l'origine d'un règlement extrèmement strict pour les "open house" (portes ouvertes) réalisées pour accueillir les non abhyasis au sein de leur communauté. Les sittings et autres méditations y sont fermement proscris et seuls les administrateurs ont le droit de répondre aux questions posées par les nouveaux venus.
Les enfants et les jeunes ne sont pas oubliés. Le SMRTI leur propose tout un programme : le "Value Based Spriritual Education"...
Plusieurs publications, internes ou dans la presse, sont aussi de leur fait.
Les canaux de diffusion
Le SMRTI utilise de multiples canaux pour diffuser la doctrine du Sahaj Marg. Nous en retiendrons seulement trois principaux pour exemples : la psychiatrie, le développement personnel et l'infiltration de certaines entreprises.
- La psychiatrie spirituelle
Depuis longtemps, les psychiatres ont tenté d'expliquer le but suprême du Sahaj Marg au travers de leur discipline. On connaissait déjà le courant transpersonnel, voici maintenant la psychiatrie spirituelle.
Donnons la parole à Ferdinand Wulliemier, l'un de leurs meilleurs représentants. Il se présente lui-même au cours d'un congrès sur la "Médecine du troisième millénaire" organisé par Stratégique (Conférence du 19/01/97 à Paris) :
"Mon nom est Ferdinand Wulliemier, je suis établi comme psychiatre dans une pratique privée à Lausanne, j'enseigne à la faculté de médecine de Lausanne et également au Centre d'études de la famille, qui dépend du département de psychiatrie adulte. J'organise des séminaires et participe à cette conférence en tant que membre de l'AIPS [Association Internationale de Psychiatrie Spirituelle]. Je pratique la méditation depuis environ 12 ans et j'essaie d'intégrer ma pratique spirituelle dans ma vie quotidienne, entre autres professionnelle."
Lors de cette conférence, il rapporte les résultats d'une étude qu'il a réalisée : "elle porte sur une population de 54 personnes, pendant une période de 8 ans, entre 1988 et 1996. Ces 54 personnes étaient des patients que j'ai suivi personnellement en tant que psychothérapeute et qui soit se sont mis à méditer ou méditaient déjà selon le système du Sahaj Marg yoga (...). Parmi les 54 personnes étudiées, qui ont fait l'objet d'une psychothérapie et qui se sont mises à méditer (...), on ne constate ni problème psychologique ni somatique notoire lorsque les personnes font une psychothérapie avant de se mettre à méditer."
"(...) Qui sont les gens qui sont impliqués dans une pratique spirituelle d'un point de vue sociologique ? Presque les trois quarts sont des femmes. Ils ont entre 18 et 80 ans, rarement plus, avec un maximum entre 35 et 50 ans. Cela permet de faire un lien avec la "crise du milieu de la vie" dont parlait CG Jung, qu'il situait autour de 35 ans. Quels sont leurs milieux socioculturels et professionnels ? A peu près tous semblent représentés, mais on y trouve une sur-représentation des soignants, des enseignants également mais dans une moindre mesure, et peut-être des artistes."
"Quel est leur niveau évolutif, c'est-à-dire à quel niveau de fonctionnement psychologique peut-on les rattacher lorsqu'ils commencent à méditer ? Disons tout d'abord que selon cette estimation, presque un quart ont fait une psychothérapie avant de commencer une pratique spirituelle. Une bonne minorité d'entre eux, environ 30%, sont des personnes dites "peu structurées" : si je prends la classification psychiatrique usuelle on y inclura des personnalités borderline, borderline-névrotiques et borderline pré-psychotiques (...)".
Prosélytisme psychiatrique ou pas, la Shri Ram Chandra Mission recrute allègrement parmi les personnes psychologiquement fragiles. A tel point que Chari lui-même s'en est ému :
"(...) nos précepteurs doivent être très prudents quand ils admettent de nouveaux abhyasis, afin de veiller à ne pas avoir ici des gens qui ne peuvent être aidés. Je fais tout spécialement allusion aux personnes qui ont des problèmes mentaux, et qui ont subi une thérapie dans des hopitaux ou cabinets psychiatriques. Les cas de ce genre sont de plus en plus fréquents (...)" (Discours du 31/12/92).
Cependant, Ferdinand Wulliemier nous apprend que la voie spirituelle est ce qui peut exister de mieux pour l'humanité, que le comportement dépendant et naïf de l'aspirant spirituel n'est qu'une apparence trompeuse, de même que l'amoralité ou un comportement aberrant du Maître spirituel n'est rien d'autre que l'expression d'une sagesse qui nous échappe (extraits de "Notre évolution involutive ou l'invertendo de notre croissance" - IASP, Vol.3, 1995).
«Lorsque nous avons atteint le stade de développement appelé existentiel ou "centaurique" (...), alors ce qui est appelé ici "évolution involutive" a déjà commencé à se manifester. (...) Il permet d'envisager dans de bonnes conditions une croissance à proprement parlé spirituelle (...). Pour ce faire il s'agit de traverser ce qui a été appelé "zone transpersonnelle" ou parapsychologique ; puis l'aspirant continue sa route, qui peut le mener jusqu'aux stades de la libération, de la réalisation divine, voire même de la fusion avec l'Ultime ou layavastha.»
«L'expérience montre que l'homme ne peut alors faire autrement que sentir à quel point il est en fait relié, partie intégrante de cette trame insaisissable et infinie, à la fois dans et hors de l'espace-temps (...). A première vue, l'observateur pourrait donc penser qu'il s'agit d'un être dépendant, naïf, incapable de dire non. S'il connaissait cette personne avant sa transition réussie vers un état transpersonnel, il pourrait en conclure qu'il y a eu régression à un mode de fonctionnement infantile. Nous savons qu'il n'en est rien puisqu'il s'agit d'une pseudo-régression, d'une évolution involutive du moi séparateur, permettant à cet être spiritualisé de se vivre non-séparé, de vivre la véritable fraternité (...).»
«Aux stades transpersonnels, l'observateur sera quelquefois choqué par certains comportements d'un Saint ou d'un Maître spirituel, qui peuvent paraître à nouveau amoraux, et donc correspondre à une régression psychologique. Or à ce stade, il s'agit en fait de transmoralité, qui bien entendu, repose sur une moralité impeccable : le Maître incarné peut être amené délibérément (et non pas pulsionnellement) à se mettre en colère, à faire quelquechose d'incongru, d'impoli, voire même de destructeur : comportements inattendus, apparemment aberrants, dont la nécessité ou la sagesse ne nous apparaissent souvent que (bien) plus tard.»
Toute la logique sectaire est ainsi psychologiquement justifiée, depuis la "régression à un mode de fonctionnement infantile" des abhyasis jusqu'aux pires agissements du Maître...
- Le développement personnel
Quoique disent les psychiatres de la Shri Ram Chandra Mission, force est de reconnaître que leurs titres sont reconnus et sanctionnent un cursus d'études supérieures.
Mais il n'en va pas de même pour les multiples psychothérapeutes et psychanalystes qui fleurissent au sein de la Mission. N'importe qui peut devenir "psy" pourvu qu'il ait suivi une formation (dispensée par n'importe qui).
Ainsi apparaissent de nombreux thérapeutes qui surfent sur la vague des nouvelles thérapies orientées vers l'approche corporelle et le mieux-être (analyse transactionnelle, PNL, sophrologie, etc.).
Leur seul objectif, hormis l'aspect financier, est de trouver de nouvelles recrues assez fragiles pour être facilement déstabilisées...
Autre stratégie très voisine, ce sont les formations en développement personnel, très à la mode dans le monde du travail, où l'on exige toujours plus de l'individu au détriment de son stress.
Là encore, n'importe qui peut devenir formateur ou créer un centre de formation. Il n'existe aucun diplôme obligatoire pour ce genre d'activités.
Dans ces stages de formation, on retrouve donc des techniques à dominante "psy" (gestalt, bioénergie,...), des techniques à dominante sportive (shiatsu, kinésie) ou de communication (analyse transactionnelle, PNL) ou bien proprement issues du Sahaj Marg (yoga, méditation) dont les abhyasis se disent facilement spécialistes.
Au sein de cabinets privés, d'instituts ou de centres de formation, les abhyasis exercent leurs talents de prosélytes spirituels sous les étiquettes les plus variées. Jusqu'à ceux qui, en Inde, interviennent auprès des forces de police ou dans les établissements d'enseignement supérieur.
- Infiltration d'entreprises
De nombreux abhyasis sont aussi chefs d'entreprises dans tous les domaines d'activités. Et leur prosélytisme s'exerce dans le monde professionnel comme ailleurs. Ainsi la Sahaj Sasyadi Ltd, entreprise médicinale, n'hésitait pas à revendiquer son adhésion aux principes du Sahaj Marg, en affichant le portrait du Maître sur la première page de son site web.
Plus insidieux sont les abhyasis infiltrés dans la fonction publique ou l'armée, qui n'hésitent pas à utiliser leur fonction aux meilleures fins de la Shri Ram Chandra Mission.
Les cibles du Sahaj Marg
D'après la SRCM, le Sahaj Marg est totalement compatible avec la vie de famille moderne. C'est probablement la raison qui pousse la Mission à s'attaquer en priorité à la famille, aux enfants et aux jeunes.
Voici le rare témoignage d'un père de famille sur l'arrivée du Sahaj Marg dans sa famille et des dégâts qu'il y a engendré, cité par le Nouvel Observateur (N°1861 - Semaine du 6/07/2000) :
« Au début, cela ne m'a pas inquiété. Ils venaient méditer à la maison en groupe. Les enfants n'étaient pas touchés. J'ai même essayé, mais ce n'était pas mon truc. Je les traitais avec une certaine ironie.» Michel Gilbert partage alors depuis dix ans l'existence de Françoise, dentiste, avec qui il a eu deux enfants, de ans et 2 ans et demi. Le couple connait des difficultés financières : il n'a plus de travail et décide de devenir père au foyer. De plus en plus, sa compagne se livre à la méditation (...) Pendant sept mois, Michel voit grandir cette influence."
" Le père s'inquiète. En janvier 1999, le groupe lui fait sentir qu'il est indésirable. Fin février, Françoise parle de séparation, fait chambre à part. Il se rend compte qu'elle prépare un voyage en Inde pour l'anniversaire du maître, puis qu'elle a une liaison avec un autre adepte. Le 29 juin, Michel est hospitalisé pour un ulcère. Elle emmène les enfants en Espagne. Le 15 août, Michel attaque la secte pour enlèvement d'enfants. Le 21 décembre, une ordonnance confie pourtant la garde exclusive des enfants à la mère. Depuis, il a pu obtenir de les voir dans un point-rencontre. Il n'a aucune information sur leur adresse, leur école. « Quand je les vois, mon fils est comme éteint. J'ai essayé d'entrer en contact avec la secte en Inde : je n'ai eu aucun écho.»
Ce témoignage est rare, mais il est pourtant à l'image de ce qui se passe à chaque fois. Soit l'ensemble de la famille rejoint la Mission, soit la cellule familiale éclate. Il n'y a jamais de solution intermédiaire, le Sahaj Marg est exclusif.
Rappelons que la Mission décrète qu'il faut avoir 18 ans révolus pour méditer. Elle n'en a pas moins de nombreuses actions en direction des jeunes. En 1991, Mireille Humbert, manager de l'ashram d'Augerans envoie une lettre aux enfants et adolescents (21/05/91) :
« (...) Une bonne nouvelle pour nous tous ! Le Maître, notre Chariji revient bientôt (...) S'il nous a mis en pénitence à Noël, c'était pour nous obliger à réfléchir et à comprendre qu'on ne vient pas à l'ashram, à Augerans, comme on va en vacances (...) Vous viendrez donc à l'ASHRAM voir le MAÎTRE et participer à un SEMINAIRE SPIRITUEL.»
Les précepteurs sont vite devenus le fer de lance de sa politique expansionniste et ses discours en témoignent. Mais rapidement, la Shri Ram Chandra Mission et une poignée de ses membres les plus éminents se sont dotés de moyens "respectables", voire "scientifiques" pour faire du prosélytisme à grande échelle.
- Un outil : Au travers de sa fondation Sahaj Marg Spiritualité (Sahaj Marg Spirituality Foundation), la SRCM s'est doté d'un puissant outil de prosélytisme, le SMRTI ou Sahaj Marg Research and Training Institute...
- Des canaux de diffusion : Les principaux canaux de diffusion du Sahaj Marg sont l'univers de la psychologie et les formations au développement personnel. Mais il en existe de plus insidieux via le monde professionnel...
- Et des cibles : Mais le SMRTI, au travers de ces différents canaux de diffusion, ne vise qu'une seule cible : la celule familiale. Voire même seulement l'individu, si possible assez fragile pour succomber...
Qu'est-ce que le SMRTI ?
Le SMRTI ou Sahaj Marg Research and Training Institute dépend légalement d'une fondation (Sahaj Marg Spirituality Foundation) dont les statuts ont été déposés aux Etats-Unis.
Créé en 1967, il s'appelait à l'origine SMRI. Il a été fondé par le Docteur K. C. Varadachari, professeur de philosophie et l'un des plus grands disciples de Babuji. Très actif au début, il est tombé en sommeil dans les années 70, puis a été repris dans les années 80 par le fils de Varadachari. Mais Sri K. C. Narayana abandonnera vite la SRCM pour créer l'ISRC dissident.
Le véritable SMRTI sort de l'ombre au début des années 90. Plutôt qu'une école de philosophie, c'est un network mondial constitué des plus éminentes personnalités de la Shri Ram Chandra Mission (les Faculty members).
Leur objectif est de disséminer à travers le monde les enseignements du Sahaj Marg, via le plus grand nombre de moyens possibles qu'ils créeront et mettront en oeuvre au sein de leur Institut.
A leur actif, on peut citer la première formation des précepteurs via internet (online training course), bientôt suivie d'une formation de même nature pour l'ensemble des abhyasis.
Ce sont eux aussi qui sont à l'origine d'un règlement extrèmement strict pour les "open house" (portes ouvertes) réalisées pour accueillir les non abhyasis au sein de leur communauté. Les sittings et autres méditations y sont fermement proscris et seuls les administrateurs ont le droit de répondre aux questions posées par les nouveaux venus.
Les enfants et les jeunes ne sont pas oubliés. Le SMRTI leur propose tout un programme : le "Value Based Spriritual Education"...
Plusieurs publications, internes ou dans la presse, sont aussi de leur fait.
Les canaux de diffusion
Le SMRTI utilise de multiples canaux pour diffuser la doctrine du Sahaj Marg. Nous en retiendrons seulement trois principaux pour exemples : la psychiatrie, le développement personnel et l'infiltration de certaines entreprises.
- La psychiatrie spirituelle
Depuis longtemps, les psychiatres ont tenté d'expliquer le but suprême du Sahaj Marg au travers de leur discipline. On connaissait déjà le courant transpersonnel, voici maintenant la psychiatrie spirituelle.
Donnons la parole à Ferdinand Wulliemier, l'un de leurs meilleurs représentants. Il se présente lui-même au cours d'un congrès sur la "Médecine du troisième millénaire" organisé par Stratégique (Conférence du 19/01/97 à Paris) :
"Mon nom est Ferdinand Wulliemier, je suis établi comme psychiatre dans une pratique privée à Lausanne, j'enseigne à la faculté de médecine de Lausanne et également au Centre d'études de la famille, qui dépend du département de psychiatrie adulte. J'organise des séminaires et participe à cette conférence en tant que membre de l'AIPS [Association Internationale de Psychiatrie Spirituelle]. Je pratique la méditation depuis environ 12 ans et j'essaie d'intégrer ma pratique spirituelle dans ma vie quotidienne, entre autres professionnelle."
Lors de cette conférence, il rapporte les résultats d'une étude qu'il a réalisée : "elle porte sur une population de 54 personnes, pendant une période de 8 ans, entre 1988 et 1996. Ces 54 personnes étaient des patients que j'ai suivi personnellement en tant que psychothérapeute et qui soit se sont mis à méditer ou méditaient déjà selon le système du Sahaj Marg yoga (...). Parmi les 54 personnes étudiées, qui ont fait l'objet d'une psychothérapie et qui se sont mises à méditer (...), on ne constate ni problème psychologique ni somatique notoire lorsque les personnes font une psychothérapie avant de se mettre à méditer."
"(...) Qui sont les gens qui sont impliqués dans une pratique spirituelle d'un point de vue sociologique ? Presque les trois quarts sont des femmes. Ils ont entre 18 et 80 ans, rarement plus, avec un maximum entre 35 et 50 ans. Cela permet de faire un lien avec la "crise du milieu de la vie" dont parlait CG Jung, qu'il situait autour de 35 ans. Quels sont leurs milieux socioculturels et professionnels ? A peu près tous semblent représentés, mais on y trouve une sur-représentation des soignants, des enseignants également mais dans une moindre mesure, et peut-être des artistes."
"Quel est leur niveau évolutif, c'est-à-dire à quel niveau de fonctionnement psychologique peut-on les rattacher lorsqu'ils commencent à méditer ? Disons tout d'abord que selon cette estimation, presque un quart ont fait une psychothérapie avant de commencer une pratique spirituelle. Une bonne minorité d'entre eux, environ 30%, sont des personnes dites "peu structurées" : si je prends la classification psychiatrique usuelle on y inclura des personnalités borderline, borderline-névrotiques et borderline pré-psychotiques (...)".
Prosélytisme psychiatrique ou pas, la Shri Ram Chandra Mission recrute allègrement parmi les personnes psychologiquement fragiles. A tel point que Chari lui-même s'en est ému :
"(...) nos précepteurs doivent être très prudents quand ils admettent de nouveaux abhyasis, afin de veiller à ne pas avoir ici des gens qui ne peuvent être aidés. Je fais tout spécialement allusion aux personnes qui ont des problèmes mentaux, et qui ont subi une thérapie dans des hopitaux ou cabinets psychiatriques. Les cas de ce genre sont de plus en plus fréquents (...)" (Discours du 31/12/92).
Cependant, Ferdinand Wulliemier nous apprend que la voie spirituelle est ce qui peut exister de mieux pour l'humanité, que le comportement dépendant et naïf de l'aspirant spirituel n'est qu'une apparence trompeuse, de même que l'amoralité ou un comportement aberrant du Maître spirituel n'est rien d'autre que l'expression d'une sagesse qui nous échappe (extraits de "Notre évolution involutive ou l'invertendo de notre croissance" - IASP, Vol.3, 1995).
«Lorsque nous avons atteint le stade de développement appelé existentiel ou "centaurique" (...), alors ce qui est appelé ici "évolution involutive" a déjà commencé à se manifester. (...) Il permet d'envisager dans de bonnes conditions une croissance à proprement parlé spirituelle (...). Pour ce faire il s'agit de traverser ce qui a été appelé "zone transpersonnelle" ou parapsychologique ; puis l'aspirant continue sa route, qui peut le mener jusqu'aux stades de la libération, de la réalisation divine, voire même de la fusion avec l'Ultime ou layavastha.»
«L'expérience montre que l'homme ne peut alors faire autrement que sentir à quel point il est en fait relié, partie intégrante de cette trame insaisissable et infinie, à la fois dans et hors de l'espace-temps (...). A première vue, l'observateur pourrait donc penser qu'il s'agit d'un être dépendant, naïf, incapable de dire non. S'il connaissait cette personne avant sa transition réussie vers un état transpersonnel, il pourrait en conclure qu'il y a eu régression à un mode de fonctionnement infantile. Nous savons qu'il n'en est rien puisqu'il s'agit d'une pseudo-régression, d'une évolution involutive du moi séparateur, permettant à cet être spiritualisé de se vivre non-séparé, de vivre la véritable fraternité (...).»
«Aux stades transpersonnels, l'observateur sera quelquefois choqué par certains comportements d'un Saint ou d'un Maître spirituel, qui peuvent paraître à nouveau amoraux, et donc correspondre à une régression psychologique. Or à ce stade, il s'agit en fait de transmoralité, qui bien entendu, repose sur une moralité impeccable : le Maître incarné peut être amené délibérément (et non pas pulsionnellement) à se mettre en colère, à faire quelquechose d'incongru, d'impoli, voire même de destructeur : comportements inattendus, apparemment aberrants, dont la nécessité ou la sagesse ne nous apparaissent souvent que (bien) plus tard.»
Toute la logique sectaire est ainsi psychologiquement justifiée, depuis la "régression à un mode de fonctionnement infantile" des abhyasis jusqu'aux pires agissements du Maître...
- Le développement personnel
Quoique disent les psychiatres de la Shri Ram Chandra Mission, force est de reconnaître que leurs titres sont reconnus et sanctionnent un cursus d'études supérieures.
Mais il n'en va pas de même pour les multiples psychothérapeutes et psychanalystes qui fleurissent au sein de la Mission. N'importe qui peut devenir "psy" pourvu qu'il ait suivi une formation (dispensée par n'importe qui).
Ainsi apparaissent de nombreux thérapeutes qui surfent sur la vague des nouvelles thérapies orientées vers l'approche corporelle et le mieux-être (analyse transactionnelle, PNL, sophrologie, etc.).
Leur seul objectif, hormis l'aspect financier, est de trouver de nouvelles recrues assez fragiles pour être facilement déstabilisées...
Autre stratégie très voisine, ce sont les formations en développement personnel, très à la mode dans le monde du travail, où l'on exige toujours plus de l'individu au détriment de son stress.
Là encore, n'importe qui peut devenir formateur ou créer un centre de formation. Il n'existe aucun diplôme obligatoire pour ce genre d'activités.
Dans ces stages de formation, on retrouve donc des techniques à dominante "psy" (gestalt, bioénergie,...), des techniques à dominante sportive (shiatsu, kinésie) ou de communication (analyse transactionnelle, PNL) ou bien proprement issues du Sahaj Marg (yoga, méditation) dont les abhyasis se disent facilement spécialistes.
Au sein de cabinets privés, d'instituts ou de centres de formation, les abhyasis exercent leurs talents de prosélytes spirituels sous les étiquettes les plus variées. Jusqu'à ceux qui, en Inde, interviennent auprès des forces de police ou dans les établissements d'enseignement supérieur.
- Infiltration d'entreprises
De nombreux abhyasis sont aussi chefs d'entreprises dans tous les domaines d'activités. Et leur prosélytisme s'exerce dans le monde professionnel comme ailleurs. Ainsi la Sahaj Sasyadi Ltd, entreprise médicinale, n'hésitait pas à revendiquer son adhésion aux principes du Sahaj Marg, en affichant le portrait du Maître sur la première page de son site web.
Plus insidieux sont les abhyasis infiltrés dans la fonction publique ou l'armée, qui n'hésitent pas à utiliser leur fonction aux meilleures fins de la Shri Ram Chandra Mission.
Les cibles du Sahaj Marg
D'après la SRCM, le Sahaj Marg est totalement compatible avec la vie de famille moderne. C'est probablement la raison qui pousse la Mission à s'attaquer en priorité à la famille, aux enfants et aux jeunes.
Voici le rare témoignage d'un père de famille sur l'arrivée du Sahaj Marg dans sa famille et des dégâts qu'il y a engendré, cité par le Nouvel Observateur (N°1861 - Semaine du 6/07/2000) :
« Au début, cela ne m'a pas inquiété. Ils venaient méditer à la maison en groupe. Les enfants n'étaient pas touchés. J'ai même essayé, mais ce n'était pas mon truc. Je les traitais avec une certaine ironie.» Michel Gilbert partage alors depuis dix ans l'existence de Françoise, dentiste, avec qui il a eu deux enfants, de ans et 2 ans et demi. Le couple connait des difficultés financières : il n'a plus de travail et décide de devenir père au foyer. De plus en plus, sa compagne se livre à la méditation (...) Pendant sept mois, Michel voit grandir cette influence."
" Le père s'inquiète. En janvier 1999, le groupe lui fait sentir qu'il est indésirable. Fin février, Françoise parle de séparation, fait chambre à part. Il se rend compte qu'elle prépare un voyage en Inde pour l'anniversaire du maître, puis qu'elle a une liaison avec un autre adepte. Le 29 juin, Michel est hospitalisé pour un ulcère. Elle emmène les enfants en Espagne. Le 15 août, Michel attaque la secte pour enlèvement d'enfants. Le 21 décembre, une ordonnance confie pourtant la garde exclusive des enfants à la mère. Depuis, il a pu obtenir de les voir dans un point-rencontre. Il n'a aucune information sur leur adresse, leur école. « Quand je les vois, mon fils est comme éteint. J'ai essayé d'entrer en contact avec la secte en Inde : je n'ai eu aucun écho.»
Ce témoignage est rare, mais il est pourtant à l'image de ce qui se passe à chaque fois. Soit l'ensemble de la famille rejoint la Mission, soit la cellule familiale éclate. Il n'y a jamais de solution intermédiaire, le Sahaj Marg est exclusif.
Rappelons que la Mission décrète qu'il faut avoir 18 ans révolus pour méditer. Elle n'en a pas moins de nombreuses actions en direction des jeunes. En 1991, Mireille Humbert, manager de l'ashram d'Augerans envoie une lettre aux enfants et adolescents (21/05/91) :
« (...) Une bonne nouvelle pour nous tous ! Le Maître, notre Chariji revient bientôt (...) S'il nous a mis en pénitence à Noël, c'était pour nous obliger à réfléchir et à comprendre qu'on ne vient pas à l'ashram, à Augerans, comme on va en vacances (...) Vous viendrez donc à l'ASHRAM voir le MAÎTRE et participer à un SEMINAIRE SPIRITUEL.»
Règlement intérieur
A sa création en 1986, l'article 17 des statuts de la SRCM France stipule :
"le président qui est le véritable maître de l'Association exercera ses pouvoirs par le truchement du règlement intérieur, qu'il peut modifier à son gré, notamment pour tout ce qui a trait à l'orientation spirituelle et philosophique de l'Association."
Extraits du règlement intérieur en date du 13 juillet 1986 :
Article 2 - Organisation :
"L'association sera dirigée et contrôlée par le seul fondateur ou son Représentant Spirituel qui lui succèdera en ligne directe, et il sera Président de l'Association".
Article 3 - Constitution et Fonctionnement :
"Le président sélectionnera un Comité de travail parmi les Membres de l'Association pour l'assister dans tous les domaines touchant au contrôle et à l'organisation de l'Association. Le Président désignera, parmi les membres du Comité de travail, des personnes qui occuperont les postes suivants : un Vice-Président (…). A discrétion, ou selon les besoins de la situation, le président peut également désigner toute(s) autre(s) personne(s) aux postes ci-dessus, qu'elle(s) soi(ent) membre(s) ou non du Comité de Travail de l'Association (…). A discrétion, le Président peut à tout moment procéder aux nécessaires changements de structure du Comité et des devoirs des titulaires de postes et des Membres du Comité (…)."
Article 5 - Qualité de Membre :
"La qualité de Membre sera ouverte à toute personne majeure désireuse de se développer spirituellement, sans tenir compte de sa classe sociale, couleur ou croyance, sous réserve de l'accord du Président. Toute personne dotée d'esprit généreux et de dévotion sincère envers la cause de l'Association aura le loisir de donner ce qu'elle veut, ou de donner ce qu'elle peut se permettre facilement de donner, pour l'entretien et le bon fonctionnement de l'Association."
Article 9 - Pouvoir de VETO - Comment l'exercer :
"(…)le Président a le pouvoir de VETO. Si un certain point a été décidé et a été accepté lors d'une réunion du Comité de travail et que le Président n'est pas d'accord avec la décision, estimant qu'une telle décision peut mettre en danger ou d'une certaine façon peut nuire aux buts énoncés de l'Association, il opposera son VETO à une telle décision en déclarant son désaccord, avec ou sans raison de ce désaccord. Il écrira VETO de sa propre écriture dans le livre des délibérations. Ce cas échéant devra être soumis et signalé à la prochaine Assemblée Générale."
"le président qui est le véritable maître de l'Association exercera ses pouvoirs par le truchement du règlement intérieur, qu'il peut modifier à son gré, notamment pour tout ce qui a trait à l'orientation spirituelle et philosophique de l'Association."
Extraits du règlement intérieur en date du 13 juillet 1986 :
Article 2 - Organisation :
"L'association sera dirigée et contrôlée par le seul fondateur ou son Représentant Spirituel qui lui succèdera en ligne directe, et il sera Président de l'Association".
Article 3 - Constitution et Fonctionnement :
"Le président sélectionnera un Comité de travail parmi les Membres de l'Association pour l'assister dans tous les domaines touchant au contrôle et à l'organisation de l'Association. Le Président désignera, parmi les membres du Comité de travail, des personnes qui occuperont les postes suivants : un Vice-Président (…). A discrétion, ou selon les besoins de la situation, le président peut également désigner toute(s) autre(s) personne(s) aux postes ci-dessus, qu'elle(s) soi(ent) membre(s) ou non du Comité de Travail de l'Association (…). A discrétion, le Président peut à tout moment procéder aux nécessaires changements de structure du Comité et des devoirs des titulaires de postes et des Membres du Comité (…)."
Article 5 - Qualité de Membre :
"La qualité de Membre sera ouverte à toute personne majeure désireuse de se développer spirituellement, sans tenir compte de sa classe sociale, couleur ou croyance, sous réserve de l'accord du Président. Toute personne dotée d'esprit généreux et de dévotion sincère envers la cause de l'Association aura le loisir de donner ce qu'elle veut, ou de donner ce qu'elle peut se permettre facilement de donner, pour l'entretien et le bon fonctionnement de l'Association."
Article 9 - Pouvoir de VETO - Comment l'exercer :
"(…)le Président a le pouvoir de VETO. Si un certain point a été décidé et a été accepté lors d'une réunion du Comité de travail et que le Président n'est pas d'accord avec la décision, estimant qu'une telle décision peut mettre en danger ou d'une certaine façon peut nuire aux buts énoncés de l'Association, il opposera son VETO à une telle décision en déclarant son désaccord, avec ou sans raison de ce désaccord. Il écrira VETO de sa propre écriture dans le livre des délibérations. Ce cas échéant devra être soumis et signalé à la prochaine Assemblée Générale."
Subscribe to:
Posts (Atom)